Les 50 ans du Cyclo Montigny

 

 

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Prologue

Le Cyclo Montigny fête cette année sa cinquantième saison.

Un demi-siècle riche en aventures sportives, toujours conviviales et dictées par la passion du vélo – qui n’a pas d’âge.

Une sacrément belle histoire ! Elle valait le coup d’être racontée.

Les premières décennies sont nos préférées. Le club n’ayant pas gardé d’archives de ces années de bohème, il fallut solliciter les anciens. Dont les fringants Christian Adam, Carlo Casu et Albert Vandember, présents dans l’équipée 76.

Quel plaisir ce fut de les écouter. Leurs témoignages sont précieux, malgré les quelques nids-de-poule de la mémoire. Ils disent un sport qui a tant changé ; un club, c’est son grand mérite, qui a réussi à s’adapter. Ils roulaient sans casque, sur de fines machines quasi toutes pareilles. Le VTT balbutiait en Californie. L’assistance électrique n’était pas imaginable. Pas plus que les GPS.

Ces révolutions ont décuplé les possibilités. Il y a autant de façons de faire du vélo qu’il y a de pratiquants ! Le club s’est ouvert à la diversité. En intégrant les différences, sans perdre le fil d’une solidarité de type familial.

Rares avant 2000, les photos abondent aujourd’hui. Vous en avez un bel aperçu sur notre site. il en sera tenu compte pour les étapes contemporaines. Priorité à l’insolite, à l’inédit.

Premier épisode le 11 mai, les suivants chaque lundi. Avec une histoire complétée en images dans un dossier accessible d’un clic.

Bienvenue dans notre Grande Boucle. Un seul vainqueur: le plaisir de rouler !

Première étape

Dans la roue des pionniers

Le « boudin » nous intrigua. Seuls les participants à des courses étaient obligés de porter ce couvre-chef dans les années 70, avant l’arrivée des casques. Que faisait-il sur la tête de Christian Adam (de face), 76 ans  – aujourd’hui – un des plus anciens membres du club cyclo de Montigny-le-Tilleul encore en activité ?  

C’était bien une course, organisée par le club à l’occasion de la ducasse de juillet du village. Une pour les cyclotouristes le samedi, une pour les « tous coureurs », le dimanche .

La photo date de 1977. Christian posait – avec Alain Vandember – avant le départ de la version « cyclo », devant  Le Lobbain, un ancien café de la rue de Marchienne. Le club s’appelait le CTC, (Cyclo Touriste Club). Il venait de naître, présidé par Marcel Depelseneer, mentionné dans l’Info-Contact, le journal communal, dans son numéro de mai 1977.

Que l’une des première organisations du CTC fût une course ne troublait personne. Les fondateurs qui roulaient déjà ensemble ne faisaient qu’officialiser leur passion, pour la « petite reine » , sous toutes ses coutures.

La course de la ducasse n’a duré que deux ans. Sous la houlette du président-sponsor Franco Ferrara, le club formé de deux groupes se concentra sur ses sorties dominicales dans la région, s’autorisant quelques escapades extérieures comme ce week-end en Alsace, avec le Ballon en prime. Foi de Jean-Pierre Branche, cyclo montagnard qui nous envoya une photo des préparatifs, ce fut le premier extra. Qui en annonçait tant d’autres...

 

 

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Deuxième étape
Les voyageurs 
                  
                                                           
                                                                            

Nos anciens étaient friands de voyages. De photos, nettement moins ! Elles sont donc précieuses. Comme celle-ci prise devant un « Montigny » de France, localisé dans le Cher. Le groupe est encadré par Gaston Fauconnier, le capitaine, à gauche, son épouse Andrée Blindeman, l’intendante, à droite. Entre les deux, Gaston Doucy, Paul Schleich, 3e président, un cyclo non identifié (*) et Jeanine Lecomte, l’épouse de Paul.

D’après Andrée , qui a la mémoire du coeur, ils se rendaient à Saint-Jean-Delmous près de Réquista en Aveyron où elle et Gaston accueillaient des amis du club dans leur caravane. Sans oublier de rapporter de leurs vacances de généreuses portions d’un savoureux Roquefort dont le bouquet raconte le vélo d’antan. Qui ne s’encombrait pas de cardios, ni de GPS, encore moins de light. Il se respirait, se dégustait, se partageait.

Les maillots ont bien voyagé. Il y eut Rotterdam, Valras, la Champagne et l’Alsace (plusieurs fois), la Baie de Somme, un Tour de France (cyclo !), un Tour de Belgique, la Voie de la Liberté (Cherbourg-Bastogne), des stages à Rosas, un séjour en Tunisie, un autre à Tenerife (VTT). Le Ventoux. Et tant d’autres !

Une idée, un projet ? On partait. Rayon défis, épinglons la participation de membres à un chapelet de raids – relais en courant, puis mixés au vélo, reliant des capitales europénenes – Rome, Lisbonne, Athènes, Madrid – à... Charleroi. L’organisateur de ces épreuves à but humanitaire était un de nos membres, Pierre Francotte. Chapeau !

* Tous les personnes ne sont pas identifiées. Si vous vous – ou les – reconnaissez, n’hésitez pas à le signaler. Ce sera précisé durant la semaine de publication et mentionné lors de la dernière étape.

Troisième étape

Vorges, notre jumelle

Connaissez-vous Vorges ? Probablement pas. A moins d’avoir été membre du club dans les années 90. Comme ces cyclos de chez nous en balade là-bas, il y a une trentaine d’années.

Là-bas, c’est un petit village de 350 habitants adossé à Laon dans l’Aisne. Vorges, détruit à 95 % pendant la guerre 14-18, était parrainé par Vincennes, jumelée avec Montigny-le-Tilleul depuis 1980.

Lors d’un déplacement à Vincennes, en 1986, Philippe Cornet, bourgmestre de Montigny et Pierre Francotte, membre du club, rencontrèrent Jean-Paul Daquin, maire de Vorges, qui était également responsable d’un gîte. Suffisant pour convaincre Paul Schleich, notre président randonneur, d’y emmener un groupe d’éclaireurs.

Le lendemain, il entraîna des gars de Vorges dont Gilbert Lebeau, quasi néophyte à vélo, vers Vincennes (150 km) et de là jusqu’à Condé-sur-Noireau (250 km), une ville de Normandie, endommagée par des bombardements (de 1944, ceux-là), que Vincennes aida aussi à reconstruire.

Le Cyclo Touriste Club de Vorges se forma, appuyé par le nôtre. Le lien se densifia au fil de rencontres sportives et festives et d’escapades en commun : Châlons-en- Champagne, la Semois, la Baie de Somme…

Le rituel s’arrêta avec la fin du club. Subsiste l’émotion. Gilbert Lebeau, longtemps président de Vorges n’a pas oublié la dynamique de Paul Schleich, « bon vivant et sacré caractère » avec lequel « il fallait rouler droit », ni les copains, Carlo Casu, Angelo Bartolini, Ever Mariotti, Gaston Fauconnier… Ni surtout Michel Fiévet, son ami, son jumeau.

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Quatrième étape

Montereale nous attend !

Jumeler une localité de notre région avec une sœur italienne est inutile. Elles le sont toutes d’office ! Cela permet au moins de pérenniser les échanges et de découvrir des réalités moins connues.

Comme celles de Montereale-Valcellina, une ville du Frioul, de 5000 habitants. Claude Noël, décédé récemment, qui fut échevin de Montigny-le-Tilleul pendant 30 ans, notamment des sports et des finances, la connaissait par sa maman, originaire de la région.

Fin des années 80, un ami commun le présenta à Nevio Alzetta,  futur maire et cyclo accompli. Un amitié naquit, densifiée par un jumelage acté en 1998.

A deux reprises, une délégation de cyclos de Montereale vint chez nous à vélo, assistée par un véhicule muni d'une cuisine.

Lors de leur visite de 2005, nos amis souhaitèrent gravir le… Mur de Huy. Angelo Bartolini se chargea de l’organisation. Pino Bazzoni, 57 ans à l’époque, toujours vaillant aujourd’hui, mena l’accompagnement montagnard sur le vélo. Il pleuvait : c’est lui sur la photo, dans le sillage d’un Frioulan. 

12 ans plus tard, Gérard Dartevelle et l’auteur de ces lignes lancèrent l’idée d’un raid équivalent, de Montigny à Montereale, donc, à l’occasion des 20 ans du jumelage.

Le projet n’a pas abouti. Rien n’empêche de le reformuler pour les 30 ans.

Montereale n’est pas loin des Tre Cime de Lavaredo, où en 1968, lors de son premier Giro victorieux, Eddy Merckx réalisa la plus incroyable remontée de sa carrière, avalant, un par un, en 10 km, sous la neige, les échappés qui comptaient 9 minutes d’avance au pied du col ! Un autre Mur...

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Cinquième étape

La Relance

Soigner sa succession avec clairvoyance est l’apanage des cœurs nobles. Affaibli par la maladie, Michel Fiévet, président depuis 13 ans, proposa à Eric Deprez, en octobre 2017, de se présenter pour le remplacer.

Avec la mission de relancer le club. L’ascendant moral du vieux guerrier était si prégnant que l’objectif ne pouvait pas gommer ce qu’il incarnait : l’esprit de convivialité.

Eric accepta. L’assemblée approuva. Le président montra d’emblée qu’en changeant de capitaine, le club changeait d’époque. Avec son tempérament, une dynamique parfois bousculante, la volonté d’excellence, il entraîna le club dans une autre dimension, celle de la devise olympique : citius, altius, fortius (plus vite, plus haut, plus fort).

1. Le vénérable CTC (Cyclo-Tourisme Club) devenait le CM, Cyclo Montigny, plus claquant, plus conforme à la diversité des attentes et des pratiques.

2. Notre local fut rafraîchi en club-house avec la même efficacité collective que celle de nos aînés dans sa construction, quinze ans plus tôt. « Santé ! », clame l’instigateur lors de l’inauguration !

3. Les groupes sont remodelés sur la base des deux composantes majeures de notre sport : les Cyclotouristes et les Cyclosportifs avec les mêmes exigences de respect et de solidarité.

4. Le club s’ouvre au sponsoring. Avant de rejoindre la famille cyclo via la FFBC, de lancer sa propre organisation, d’inclure toutes les évolutions technologiques du vélo.

Après une étape aussi intense, le besoin de souffler se fit, logiquement, sentir. Qu’importe, avec un tel héritage !

Sixième étape

La Jacky : l’hommage et les balises

Il y aura 10 ans, en 2027, que Jacky Locicero nous quittait, fauché par une voiture, sur une route de vacances. Il était une figure marquante de notre club et de celui de Ham-sur-Heure. Un hommage s’imposait.

Ce fut d’abord une sortie classique entre amis. Puis, en 2019, une organisation propre fut lancée, portant son nom. Une aventure insolite et, reconnaissons-le, un brin téméraire, commençait. Un défi d'adolescents qui entament un voyage à vélo avec une vieille Michelin pour tout repère.

J’en parle à l’aise, étant à la base du choix du décor, remake d’une idée réalisée dans une première vie cyclo, aux Audax Tournai. Soit : mieux explorer les reliefs escarpés d’une région afin d’attirer des cyclos friands de dénivelé. Et nous distinguer ainsi des autres organisations déjà bien en place. Là, muscler le Circuit des Monts-de-Frasnes (devenu la « Grinta »). Tracer les Chemins de l’Eau d’Heure, ici.

La première édition rassembla trois centaines de cyclistes de la région liés à notre ami ! Cet élan débridé fut stoppé par… le covid. Et – heureusement – discipliné ensuite avec l’entrée du club dans le giron de la FFBC.

Les aléas de la météo et un déménagement à Landelies n’ont pas entamé la persévérance du comité, aidé chaque année par une super équipe de bénévoles.

Notre maître-atout !

Un autre est la capacité d’adaptation. Changer de cadre ? Cap sur le paisible Avesnois ! Une découverte ! Avec les mêmes ingrédients : une organisation impeccable, un accueil complice, chez nous, et des parcours soignés. Ce sont nos balises, vos garants. Label CM !

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Réalisation : Christian De Bast (Texte) - Françoise Duplouy (Illustrations) - Linda Canuti (Relecture) - Dany Fort (Mise en ligne)

Album Photos